Sopra Steria vient de publier ses résultats pour l’année 2025. Derrière les discours sur un « environnement économique exigeant », les chiffres montrent surtout une réalité bien connue : malgré une activité en léger recul, les profits progressent fortement et les actionnaires sont une nouvelle fois les grands gagnants.
Le chiffre d’affaires du groupe s’établit à 5,648 milliards d’euros, en baisse de 2,2 % par rapport à 2024. Pourtant, dans le même temps, le résultat net atteint 296,8 millions d’euros, en hausse de 18,3 %. Le bénéfice par action progresse de 22,2 % pour atteindre 15,23 €. Et comme chaque année, le Conseil d’administration propose d’augmenter la rémunération des actionnaires avec un dividende porté à 5,30 € par action.
Autrement dit : moins de croissance, mais plus de profits pour le capital.
Ces résultats sont avant tout le fruit du travail des plus de 51 000 salariés du groupe. Ce sont les ingénieurs, consultants, techniciens et fonctions support qui produisent la richesse de l’entreprise au quotidien. Pourtant, la question centrale reste toujours la même : quelle part de cette richesse revient réellement aux salariés ?
Dans un contexte où la charge de travail augmente, où les exigences de productivité se renforcent et où les salaires peinent à suivre l’inflation, l’augmentation des dividendes pose une question simple : pourquoi la priorité reste-t-elle la rémunération du capital plutôt que l’amélioration des conditions de travail et des salaires ?
Le modèle des ESN comme Sopra Steria repose de plus en plus sur l’internationalisation du travail. Les centres de services internationaux représentent déjà 16,5 % des effectifs. Cette stratégie d’offshoring permet de réduire les coûts, mais elle organise aussi une mise en concurrence des salariés entre pays, exerçant une pression permanente sur les salaires et l’emploi.
Dans le même temps, Sopra Steria annonce accélérer ses investissements dans l’intelligence artificielle générative et agentique. Ces transformations technologiques peuvent profondément modifier les métiers du numérique. Pour la CGT, elles ne doivent pas servir de prétexte à intensifier le travail ou à réduire les effectifs. Les gains de productivité liés aux nouvelles technologies doivent bénéficier aux salariés, notamment par des hausses de salaires, de meilleures conditions de travail et un accès renforcé à la formation.
Par ailleurs, une part importante de l’activité du groupe repose sur des secteurs stratégiques largement financés par l’argent public : défense, secteur public, aéronautique ou services financiers. Il est donc légitime que les salariés et la société puissent exiger un partage plus équitable de la richesse produite.
Face à ces résultats, la CGT rappelle plusieurs revendications essentielles :
• Une augmentation générale des salaires pour l’ensemble des salariés.
• Un meilleur partage de la valeur créée par le travail.
• Des garanties sur l’emploi et les conditions de travail face aux transformations technologiques.
• La fin de la mise en concurrence des salariés par l’offshoring.
• Des investissements prioritaires dans l’emploi, la formation et les conditions de travail plutôt que dans la hausse des dividendes.
La richesse de Sopra Steria est créée collectivement par ses salariés. Il est donc légitime qu’elle soit mieux partagée.
Sans les salariés, pas de profits.
Sans partage de la richesse, pas de justice sociale.






