PERECO I2S : Zéro abondement

Fin 2025, un accord concernant la mise en place d’un Plan d’Epargne Retraite d’Entreprise Collectif (PERECO) a été signé par quatre organisations syndicales représentatives au sein de I2S à l’exception de la CGT Sopra Steria.

La Direction a envoyé le 19/12/25 un email à tous la salrié.e.s I2S les informant de ce dispositif qui leur permet « de se constituer une épargne retraite en profitant d’un cadre avantageux : déduction fiscale, absence de frais sur les versements volontaires déductibles, prise en charge des frais de gestion par l’entreprise. »

Pourquoi la CGT Sopra Steria n’a pas signé cet accord ?

Cet accord PERECO I2S est un accord « standard Amundi » sans abondement, qui se situe clairement dans le bas de la fourchette des pratiques des grandes ESN en termes de générosité et de partage de la valeur.

Points clés de l’accord I2S

  • Tous les salariés avec au moins 3 mois d’ancienneté peuvent adhérer, avec les mêmes sources d’alimentation que dans les autres ESN : versements volontaires, intéressement, participation.
  • La gestion financière repose sur une gamme Amundi classique (monétaire, obligataire, diversifiés, actions, ISR, climat, solidaires) avec gestion libre ou gestion pilotée à horizon retraite, ce qui est très courant dans les ESN travaillant avec Amundi 
  • Les cas de déblocage anticipé, modalités de sortie (capital ou rente) et règles fiscales sont strictement celles prévues par la loi, sans avantage spécifique ajouté par l’entreprise.

Faiblesses par rapport aux meilleures pratiques ESN

  • Aucun abondement d’entreprise n’est prévu, alors que la loi permet d’aller jusqu’à 300% de la contribution du salarié dans la limite de 16% du PASS sur un PERECO, et que beaucoup d’ESN mettent au moins un abondement symbolique (50%, 100% ou plus, plafonné annuellement).
  • Sans abondement, le PERECO garde quelques intérêts fiscaux et « techniques », mais il perd l’essentiel de son avantage par rapport à d’autres enveloppes comme le PEE ou l’assurance‑vie. Il n’est vraiment pertinent que dans des cas assez ciblés (optimisation fiscale, absence d’autres supports, stratégie retraite très assumée)
  • L’accord n’introduit pas de versement périodique uniforme de l’employeur (type « versement annuel retraite ») pourtant possible jusqu’à 2% du PASS intégré dans le plafond d’abondement ​
  • La participation éventuellement versée dans l’entreprise est seulement « orientable » vers le PERECO, mais l’accord ne prévoit pas de mécanisme renforcé de partage de la valeur (formule dérogatoire de participation ou sur-participation) comme on commence à en voir dans certaines ESN/Syntec à la faveur des réformes participation/intéressement.

Frais et prise en charge

  • L’entreprise prend à sa charge les frais obligatoires de tenue de compte, ainsi qu’un certain nombre de frais (ouverture de compte, versements, arbitrages, relevés annuels, rachats, accès outils en ligne) tant que le salarié est dans l’entreprise, ce qui est plutôt correct et conforme aux usages.
  • Après départ de l’entreprise, les frais de tenue de compte passent à la charge du titulaire, comme dans la plupart des dispositifs négociés dans les ESN ; l’accord renvoie à la grille Amundi pour le détail, sans négociation spécifique de plafonds avantageux​

Place de l’accord I2S dans les pratiques ESN

  • Sur le plan juridique (conditions d’accès, déblocages, fiscalité, architecture financière), l’accord est dans la norme de la branche Syntec et des grandes ESN utilisant Amundi comme gestionnaire.
  • Sur le plan du partage de la valeur, l’absence totale d’abondement et de « bonus » retraite (versements unilatéraux, sur‑abondement sur participation/intéressement, abondement différencié pour les bas salaires, etc.) place I2S en retrait par rapport aux meilleures pratiques observées dans de nombreuses grandes entreprises de services.

Pistes pour la communication CGT

  • « Un PERECO sans abondement, c’est surtout un produit financier Amundi, pas un vrai coup de pouce retraite de l’employeur. 
  • « La loi permet jusqu’à 300% d’abondement et 16% du PASS ; ici, l’entreprise choisit 0 €. »
  • « L’accord reprend le minimum légal (fiscalité, déblocages, gestion pilotée) sans mesure spécifique de solidarité ni ciblage des bas salaires. »
  • « Dans d’autres ESN, l’employeur ajoute un abondement ou un versement retraite ; la direction I2S a choisi un dispositif à coût quasi nul pour elle et un risque financier pour les salariés. »

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